LA FAUNE DES PYRÉNÉES

 

Sur les 167 espèces de mammifères qui vivent en France, les Pyrénées en hébergent 64.
Cet épanouissement de la faune s'est fait sur des milliers d'années avec une évolution constante et une adaptation à l'environnement montagnard. Il s'agit pour ces animaux de survivre dans un milieu naturel dont ils dépendent entièrement: climat, alimentation, prédateurs, maladies, accidents liés au relief, ...etc.

Différentes stratégies se sont créées en fonction de la taille ou du mode de vie des animaux.
Le froid a fait se développer chez l'isard ou le lièvre, une couche de graisse sous-cutanée et une fourrure isolante qui change selon la saison.
Les oiseaux ne sont pas en reste, tel que le lagopède qui a le plumage d'hiver plus fourni, ses pattes et ses doigts sont recouverts de plumes. D'autre part, il possède des pattes "palmées" spécialement adaptées pour marcher sur la neige.
L'hibernation est une autre forme d'adaptation pour résister aux rigueurs de la mauvaise saison. La marmotte dort durant six mois et vit au ralenti avec deux ou trois respirations à la minute et une trentaine de pulsations cardiaques à la minute au lieu de 120 normalement. Elle n'est pas la seule à avoir adopté cette stratégie de survie: l'ours, le loir, la chauve-souris, ...etc font de même.
Certains, se protègent du froid en creusant des galeries sous le manteau neigeux. C'est le cas du lagopède et du campagnol des neiges.
D'autres, optent plutôt pour une solution radicale en quittant la haute montagne pour migrer vers des régions plus clémentes. Les renards et les isards descendent vers la forêt ou vers les versants plus chauds. De nombreux passereaux, la quasi totalité des insectivores et des rapaces se dirigent vers l'Afrique.

Le manque d'air et d'oxygène avec l'altitude, font que le sang est plus riche en globules rouges et le cœur plus gros. Un isard de 30 kg possède 10 millions de globules rouges (5 millions pour l'homme) et un cœur de 350 g (280 g pour un homme de 70 kg). Les poumons des espèces montagnardes sont plus efficaces et leur capacité pulmonaire est plus grande. L'aigle royal peut ainsi atteindre de très hautes altitudes durant ses vols.

Mais les connaissances sur la faune pyrénéenne restent incomplètes du fait de leur furtivité ou de leur vie nocturne dans un territoire au relief accidenté. Le desman, l'ours brun des Pyrénées en voie d'extinction ou le bouquetin dont le dernier a été retrouvé mort en janvier 2000, sont des exemples typiques d'animaux très difficiles à observer et de ce fait de les étudier.

Par contre, d'autres espèces sont faciles à observer telle que la  marmotte qui fut réintroduite en 1948 après sa disparition il y a 10 000 ans et qui a proliféré sur les deux versants de la chaîne. L'isard, lui aussi, à largement profité de la protection des parcs et des réserves après avoir été menacé il y a une quarantaine d'années.
D'autre part, le fait de modifier le milieu a une influence sur d'autres espèces. En réintroduisant des marmottes la population d'aigles royaux a augmenté (une trentaine de couples actuellement); mais le pastoralisme a aussi une influence sur le nombre de vautours fauves qui a très nettement évolué car ils trouvent leur nourriture en jouant le rôle d'équarrisseur.

Des animaux ne peuvent se rencontrer que dans les Pyrénées: ils font partie des espèces endémiques. L'euprocte des Pyrénées, le crapaud accoucheur, le lézard montagnard des Pyrénées ou encore la grenouille des Pyrénées ont trouvé leur unique lieu de vie dans ces montagnes.

 

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