LA FLORE DES PYRÉNÉES

 

En montagne, en fonction de l'altitude l'aspect de la végétation change.
Plus on s'élève et plus les conditions de vie deviennent difficiles: température qui s'abaisse, neige plus tardive, précipitations plus importantes, vent qui dessèche, ultraviolets qui influencent sur le développement et la fructification, raréfaction de l'humus...etc.

Les Pyrénées, n'ont toujours pas connu les températures actuelles. Les climats anciens expliquent la présence de certaines plantes telle que la ramonde des Pyrénées qui est d'origine africaine.
En effet, lors de la formation de la chaîne de montagnes, à l'ère tertiaire, le climat était subtropical. De nombreuses espèces exotiques qui vivaient à une faible altitude ont été entraînées lors du soulèvement et ont dû s'adapter aux conditions montagnardes.
Par la suite, au quaternaire, durant les périodes de glaciation de nouvelles plantes ont colonisé la région et à la fin de ces chamboulements climatiques (au recul du froid vers le nord),  elles se sont retrouvées isolées dans nos montagnes et on dû s'adapter aux nouvelles contraintes en migrant vers les zones élevées pour retrouver des températures favorables à leur épanouissement.
Certaines plantes emprisonnées, se sont différenciées en évoluant sur place: ce sont les espèces endémiques (saxifrage, géranium d'endress, ...). On en compte environ 150, un nombre élevé du fait de l'importante distance avec les autres massifs montagneux et de l'ancienneté de leur l'isolement.

En altitude, la vie s'agrippe malgré les conditions très difficiles. A 2000 mètres, la neige subsiste durant sept mois de l'année.
Sous la neige, les plantes peuvent trouver des conditions de survie précaire (quand l'air est à -30°C, le sol est à 0°C sous une trentaine de centimètres de neige) et entrent en léthargie, une sorte d'hibernation. Dans ce cas, elles ont un développement très lent: un saule nain d'une cinquantaine d'années peut avoir un tronc n'excédant pas dix millimètres de diamètre.

Pour survivre il faut s'adapter. En montagne la taille des plantes est modeste: c'est le nanisme. Cette tactique permet d'affronter le froid et les grands écarts de température dans une journée, l'intensité lumineuse et le rayonnement ultraviolet. Leur période de végétation n'en sera que très brève.
D'autres vont former des coussinets pour se protéger mutuellement du vent qui dessèche, pour conserver la chaleur du sol et supporter le poids de la neige en hiver: c'est le cas des silènes.
Une autre façon de résister aux rigueurs climatiques est d'avoir des poils. Mais il permettent aussi de piéger des gouttelettes de rosée et de ralentir l'évaporation. L'edelweiss utilise cette technique et a en plus de profondes racines pour puiser l'eau et les nutriments dans les sols pauvres.

La végétation se répartit en étages. Dans les Pyrénées, on distingue cinq niveaux avec une différence d'altitude en fonction du versant sud ("soulane") et du versant nord ("ombrée") qui est moins ensoleillé donc plus froid :

Étage

Description

Versant sud Versant nord
Étage collinéen Des derniers villages et pâturages, aux forêts de châtaigniers ou de chênes. En dessous de 1100 m En dessous de 800 m
Étage montagnard Boisé avec un mélange d'arbres à feuilles caduques ou feuillus (hêtres) et de résineux (sapins). 1100 à 1900 m 800 à 1700 m
Étage subalpin Forêts de résineux (pin à crochets, pin sylvestres) associées à des landes de rhododendrons ou de genévriers nains. 1900 à 2500 m 1700 à 2300 m
Étage alpin Au dessus de la limite des arbres et des arbustes. Pelouses rases et de larges surfaces de rochers et d'éboulis. 2500 à 3000 m 2300 à 2800 m
Étage nival Neige persistante. Pas de plantes à fleurs; c'est le domaine des lichens sur les rochers. 3000 m et plus 2800 m et plus

 

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