LE PIC D'ANIE

 

Le pic d'Anie (2504 m) est le premier sommet notable en venant de l'ouest de la chaîne des Pyrénées.
Ce massif fait la transition entre le Pays Basque et le début des grands sommets pyrénéens du Béarn. De plus, il offre une diversité de paysages étonnants du fait de la complexité géologique de ce lieu.

 

L'ascension de ce sommet peut débuter au refuge de Labérouat (1442 m) au dessus du village de Lescun.

Le sentier GR10 traverse le bois du Braca d'Azun pour arriver à la cabane d'Ardinet (1570 m). Sur ce replat de nombreux troupeaux de moutons et de vaches paissent dans les estives protégés de l'ours par les "patous" des Pyrénées. Le soir, les animaux sont regroupés par les bergers autour des cabanes pour être placés dans des enclos pour la traite et passer la nuit en sécurité.

 

Cette zone pastorale se termine à la cabane du Cap de la Baitch au point d'intersection du GR10 avec la H.R.P., qui cette dernière, conduit au col des Anies.
Par la suite le sentier s'élève et offre une très belle vue sur cette muraille verticale que forment les Orgues de Camplong. La formation géologique de cette immense falaise calcaire fait suite à un effondrement tectonique qui fut modelé par les glaciers durant le quaternaire.

 

Au fur et à mesure de l'ascension, le pic d'Anie se dévoile.

Ce sommet est bâti dans une couche de 300 mètres d'épaisseur de calcaires du crétacé supérieur et fait très rare dans les Pyrénées, l'ensemble repose sur des terrains du cycle hercynien. Fournier, qui étudia la géologie de cette région nomma cette couche "calcaire des canyons" en faisant allusion  aux canyons souletins.

 

Du col des Anies, on quitte la H.R.P. pour gravir le pic du même nom.

Cette région est la limite occidentale, sur le versant nord, du territoire des isards, mais la faune demeure riche et il n'est pas rare d'apercevoir des lagopèdes ou des rapaces.
Par le passé, le col de la Pierre-Saint-Martin, fut utilisé par les ours comme voie de passage entre les deux versants.

De plus, les insectes et la flore ne sont pas en reste malgré la rudesse des paysages et le manque d'eau.

 

Durant l'ascension, le sentier surplombe les "arres" (désignation locale; arre signifiant pierre).
Ces étendues lapiazées sont formées de calcaire marin, raboté par les glaces et les nombreuses crevasses ont été façonnées par dissolution de la roche par l'eau de circulation sous-glacière, puis par la pluie.
Ainsi, un vaste réseau souterrain s'est formé, dont le gouffre de la Pierre-Saint-Martin qui est réputé mondialement et qui fait de cette région des Pyrénées un terrain d'activité privilégié pour la pratique de la spéléologie et l'étude de la faune cavernicole.

De part la nature du terrain, l'eau est inexistante en surface: la moindre goutte s'infiltre dans les fissures du sol rendant ainsi ce paysage désertique.

Avant de s'aventurer dans ce massif il est important de se procurer une carte au 1/25 000 ème et une boussole. La vigilance doit être de rigueur: il est aisé de s'égarer car le relief très accidenté des "arres" rend la progression chaotique.

 

Flamichon, ingénieur géographe du roi, fut le premier à gravir en juillet 1791 le pic d'Anie. Il relata dans un ouvrage les croyances populaires au sujet de ce pic. Les Basques pensaient que le sommet les protégeait contre les orages et la foudre et à Lescun (en Béarn), moins épargné, on croyait qu'en ce lieu se réunissaient les magiciens et les sorciers fabricants d'orages pour punir ou favoriser à leur gré les habitants en contre bas.

D'autres pyrénéistes gravirent par la suite ce pic: le naturaliste landais Léon Dufour en 1833 et le comte A. de Saint-Saud en 1926.

 

Du sommet, il n'est pas rare de dominer la mer de nuage qui recouvre plus particulièrement les Pyrénées basques soumises à l'influence de l'océan Atlantique.

Au premier plan, vers l'Est, on surplombe le pic Countandé (2338 m).

 

Toujours dans la même direction, le pic du Midi d'Ossau (2884 m) est aisément reconnaissable grâce à sa forme caractéristique.

 

En élargissant son regard et plus loin, on peut voir le pic du Midi de Bigorre reconnaissable à son antenne de l'émetteur de télévision.

Mais ce ne sont pas les uniques points remarquables que l'on peut admirer: le Soumcouy, la Pène Blanque, la Table des Trois Rois, les orgues de Oeillarisse, les vallons glaciaire d'Azun et d'Anaye, etc.

 

Ce lieu est le point le plus oriental de la Navarre (province Basque) et du sommet le Pays Basque s'étale à perte de vue. Par temps très clair on peut apercevoir la côte Atlantique et le phare de Biarritz.

Par le passé, en ce lieu symbolique pour les basques, une stèle fut érigée représentant une feuille du chêne sacré de Guernica sous lequel les rois d’Espagne prêtaient serment de respecter les privilèges (fueros) du Pays Basque.

 

 

 

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