LE CIRQUE DE TROUMOUSE

 

En amont de la vallée du gave de Hèas, le cirque de Troumouse est le plus grand cirque glaciaire des Pyrénées. Il est tellement vaste que d'après le pyrénéiste Ramond de Carbonnières (1753-1827), il aurait pu contenir dix millions d'hommes.

L'altitude du cirque est de 2100 mètres environ et  fait partie du Parc National des Pyrénées.
Il a une forme semi-circulaire de 10 kilomètres de long et  l'horizon sud est barré par une muraille infranchissable de 1000 mètres de haut donnant sur la frontière franco-espagnole.

La vaste prairie abrite une flore endémique et une faune très riche: il n'est pas rare de croiser une marmotte qui paresse sur un rocher au soleil ou qui se glisse dans son terrier.

 

Pour bien comprendre la genèse de ce paysage, il faut faire un retour en arrière de 60 000 ans.

A cette époque glaciaire, les Pyrénées étaient recouvertes par de gigantesques glaciers et la plaine offrait un paysage de steppe.

Le glacier de Troumouse rejoignait la langue glaciaire de Gavarnie à Gèdre et s'étendait  sur une cinquantaine de kilomètres  jusqu'à Lourdes. Du fait de son glissement lent vers la plaine, la glace a érodé le calcaire plus tendre des parois jusqu'à mettre à nu le granit du fond du cirque. D'autre part, le glacier a creusé les vallées que l'on emprunte pour se rendre à Troumouse.

 

Depuis le parking où on abandonne la voiture, on peut se promener à pied sans équipement particulier sur cette vaste prairie.

La statue de la Vierge de Troumouse est la partie centrale de cet amphithéâtre naturel. De ce belvédère, il est possible de contempler l'ensemble des sommets qui dominent le site.
Par la suite, on atteint le lacs des Aires, puis les cabanes des Aires d'où l'on domine le vallon de Touyères qui descend sur la vallée de Héas.

 

De part et d'autre du verrou du Cot, qui ferme le cirque au nord, de verdoyantes houlettes recueillent les eaux de fonte des plaques de glace et des névés pour alimenter les lacs des Aires.

Les pelouses rases sont colonisées par de nombreux criquets et insectes dont les oiseaux se nourrissent: le pipit spioncelle que l'on repère à son chant, l'accenteur alpin qui est peu farouche, le traquet motteux ou le lagopède qui côtoie ces lieux avec nettement plus de discrétion.
Dans les poches d'eau dès têtards fuient des la moindre alerte et dans les torrents la truite est présente.

Entre ces lacs et le ravin des Touyères, de part et d'autre de la cascade, des filons de cuivre, d'argent et de plomb furent exploités par le passé.

 

Le pic de la Munia (3133 m) est le point culminant du cirque. L'ascension de ce sommet n'est pas aisée, mais c'est un des plus beaux panoramas des Pyrénées sur le massif du Mont Perdu.

 

 

 

Le pastoralisme est très développé dans toute la vallée et à Troumouse particulièrement.

Sur la vaste prairie qui constitue le fond du cirque, on rencontre des milliers de moutons et des centaines de vaches qui paissent "l'or vert". La richesse de l'herbe vient de la prédominance de trois espèces: le trèfle alpin, le gispet et le nard.
Le rôle de ces animaux est très important, car ils participent activement à l'entretien du site qui, sans eux, serait en friche.

L'homme, par le passé, accompagnait le bétail et le gardait de juillet à septembre. Les bergers vivaient sur place dans des cabanes de pierre sèche et transformaient le lait en fromage. L'emplacement de ces abris est colonisé aujourd'hui par des aconits, de très belles fleurs bleues mais très toxiques, qui profitent du sol riche en matière organique.
Aujourd'hui les méthodes pastorales ont évolué et les troupeaux ne sont plus surveillés que périodiquement.

 

Depuis les cabanes des Aires, un sentier serpente le long du coté Est du cirque et conduit au village de Héas.

A proximité du torrent on peut observer dans une zone de refuge des isards et des marmottes mais également la flore qui est riche en ce lieu.

Les plantes se sont adaptées aux dures conditions de la vie en montagne: froid, vent, écarts de température, rayonnements solaire et ultraviolet, ... en adoptant le nanisme, des couleurs vives, des périodes de floraison et de reproduction très courtes, ...

Dans la rocaille ou sur la pelouse, des renoncules, des gentianes ou des androsaces fleurissent. A proximité des lacs des Aires, pousse le chardon bleu des Pyrénées, une plante endémique, qui côtoie les carlines et sur les monticules le rhododendron s'épanouit.
Mais vers la fin août la colchique des Pyrénées clôture la belle saison.

 

 

 

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