LE PIC DU MIDI D'OSSAU

 


 Théodore Richard "Le Pic du Midi d'Ossau" 1842.

 

Monseigneur de Foix-Candale, évêque d'Aire, avait tenté de gravir la paroi abrupte de ce sommet durant le mois de mai 1552. Il relata avoir organisé une expédition, aidé par des paysans béarnais, muni d'échelles en bois et de grappins il arriva à proximité du sommet sans trouver le passage, mais ne parlant pas de neige dans son récit, il ne dut pas dépasser l'altitude des pâturages.

En 1591, le seigneur de la Palme se venta d'avoir vaincu ce pic. Mais son récit est si farfelu qu'il n'est pas considéré comme le premier à avoir foulé le sommet du Pic du Midi d'Ossau.

En mai 1787, à la demande d'officiers géographes, un berger aspois, inconnu, gravit au sommet avec pour mission d'élever un cairn.
Le 3 octobre de cette même année, Guilhaume Delfau, secrétaire général de la Dordogne, guidé par le berger Mathieu, eut la surprise de découvrir le cairn: preuve irréfutable d'un prédécesseur.
Cette première ascension, reconnue en tant que telle, fut décrite par Delfau comme un grand moment de souffrance: le froid et la fatigue le tenaillèrent. De plus, l'équipement modeste de Delfau ne résista pas: ses espadrilles l'abandonnèrent et il dut finir les deux dernières heures de la montée pieds nus.


Versant sud du Pic du Midi d'Ossau.

Par la suite, cette course devint classique. Vers 1860, le préfet Dauribeau fit sceller dans les trois cheminées des crampons de fer (sorte de barreaux d'échelles). En 1863, Russel écrivit que ces installations sont scandaleuses et qu'elles déshonorent ces cheminées où de simples bâtons ferrés remplacent piolets et cordes.
Par la suite, des puristes détruisirent ces installations afin de rendre la montagne "sauvage".

La fin du XIXème siècle et le début du XXème, seront pour le Pic du Midi d'Ossau le début d'une nouvelle ère.
De nombreux grimpeurs vont partir à l'assaut de ses parois verticales et hautes.
En 1895, Brulle, d'Astorg et Célestin Passet firent l'ascension par les escarpements de l'Embarcadère. En 1927, Jean Santé conquit une pointe du pic et lui donna son nom. En 1955, Jean et Pierre Ravier et Paul Bouchet s'attaquèrent à l'Eperon Est et en 1964 la "Sud Est en direct". En 1967, la voie de la "Main de Pombie", une voie très difficile qui fut vaincue par Benos, Bladé et Darcourt.
N'oublions pas Robert Ollivier, un des premiers alpinistes dans les Pyrénées, qui ouvrit de nombreuses voies: face nord-ouest du Petit Pic en 1935, face nord-est en 1936, éperon nord-ouest de la Pointe de France en 1938.

 

 

 

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